Sur le toit du Léman

21Fév - by admin9596 - 0 - In Uncategorized

Rougemont, un secret bien gardé

Lorsque les gros flocons tombent sur Rougemont, seul le bruit des pas crissant sur la neige se fait entendre. Niché dans la vallée du Pays-d’Enhaut, à mi-chemin entre Château-d’Oex (prononcez Château « d’Ai ») et Gstaad, ce petit village de 900 âmes regorge de chalets plus atypiques les uns que les autres. Date de construction, nom du propriétaire et parfois quelques textes bibliques sont gravés dans le bois de ces habitations pour certaines tricentenaires. Comme celui des Foisses, bâti en 1705 et surmonté de deux énormes corbeaux de bois. Des oiseaux de mauvais augure ? Pas vraiment. Depuis plus d’un siècle, ils n’attendent que leur propriétaire, disparu lors du naufrage du Titanic. Rougemont n’en reste pas moins un domaine skiable. Quelques minutes en télécabine suffisent pour rejoindre la station de La Videmanette : 50 kilomètres de pistes, dont une descente de 10 kilomètres sur 1 200 mètres de dénivelé.


Le prieuré du XIe siècle en hiver, à Rougemont. © DR

Sur les rails

Pour parcourir les 1 000 mètres qui séparent Montreux du Pays-d’Enhaut, il faut, croyez-le ou non, prendre le train. Moquette d’époque, sièges de velours piqué de broderies, vieilles portes en bois verni et numéros de place inscrits en or… Bienvenue au XIXe siècle, à bord du Golden Pass Classic ! Le visage collé à la vitre, face aux flancs des montagnes, on croisera quelques chalets ici et là d’où s’échappe la fumée d’une cheminée. Peut-être quelques chamois, si on est chanceux. Le train continuera son périple jusqu’à Rougemont comme s’il glissait sur un épais manteau blanc.

Golden Pass Classic, 2 liaisons quotidiennes entre Montreux et Rougemont. À partir de 20 euros l’aller, www.goldenpass.ch


Ambiance rétro à bord du Golden Pass Classic. © DR

Ballet d’Enhaut

Le décollage est imminent. Il est 8 heures ce matin d’hiver et un soleil orange se lève derrière les sommets. Assourdi par le vacarme des flammes gonflant les toiles, on zigzague entre les dizaines de nacelles posées sur le sol. Avant de s’élever dans le ciel jusqu’à toucher du bout des doigts les pics des montagnes. Chaque année, en janvier, plus de 70 montgolfières venues du monde entier et pilotées par les meilleurs aérostiers s’élancent de Château-d’Oex, lors du Festival international de ballons. Une aventure de haut vol, là où Bertrand Piccard s’envola en 1999 avec Brian Jones à bord du Breitling Orbiter III pour le premier tour du monde en montgolfière sans escale.

Festival international de ballons, Château-d’Oex. À partir de 4,50 euros l’entrée et 355 euros le vol, www.festivaldeballons.ch/fr. Espace ballon, musée des connaissances liées aux ballons à air chaud. Parmi les curiosités : la capsule du premier essai de tour du monde de Bertrand Piccard. 7 euros l’entrée, www.chateau-doex.ch

Balloons International Festival, Chateau d'Oex, Switzerland © Photo12 DRBalloons International Festival, Chateau d'Oex, Switzerland © Photo12 DR
Le Festival International de ballons, un rendez-vous annuel, en janvier à Château-d’Oex. © Photo12 DR

Escale cocon

Au coeur de Rougemont se dresse le nouvel hôtel du même nom. Christine et Alexander Perper ont réussi à transformer ce chalet traditionnel en un établissement chic et convivial. Dans chaque chambre, de larges baies vitrées s’ouvrent sur le spectacle des sapins et des grandes étendues enneigées. Dans la piscine de mosaïques bleu nuit, le sauna, le spa ou même l’une des trois salles de massage, le repos après une journée de ski n’en sera que meilleur. Le lounge, où trône une immense cheminée, sera un lieu idéal pour se ressourcer ou partager un verre. Du côté de la gastronomie, la table du Roc, animée par le chef Jean-Luc Daniel, fleure bon les saveurs de l’enfance entre blanquette de veau et frites maison. Un Belge ne pouvant trahir ses origines…

Hôtel de Rougemont, à partir de 450 euros la nuit, avec petit déjeuner (très) gourmand. (41) 26 921 01 01, www.hotelderougemont.com/fr.


Des chambres au luxe discret et un lounge chaleureux. © DR