ePrix de Paris : la Formule E, comment ça marche ?

20Avr - by admin9596 - 0 - In Uncategorized

Un spectacle unique et des images à couper le souffle. Ce week-end, pour la première fois depuis 70 ans (et le dernier Grand Prix de F1 dans la capitale), Paris accueille une course internationale de voitures. Il s’agit de la Formule E, le championnat 100 % électrique, qui met aux prises des monoplaces aux faux airs de Formule 1. Novateur et atypique, cette discipline regroupe « les meilleurs pilotes automobiles hors de la F1 », dixit Alain Prost. Avant d’assister à cette course – environ 10 000 personnes sont attendues –, voici tout ce qu’il faut savoir à propos de la Formule E.

A comme autonomie. À chaque course, les pilotes de Formule E, qui peuvent atteindre jusqu’à 210 km/h, doivent repasser au stand. Pourtant, pas question de recharger les monoplaces (ce serait trop long) : ce sont les pilotes eux-mêmes qui changent de voiture, en montant dans une monoplace rechargée au maximum. « Nous voulons doubler l’autonomie des batteries d’ici trois ans », nous expliquait en mars Alain Prost, ce qui aura pour conséquence de supprimer ce passage au stand.

B comme batteries. C’est le point central de la monoplace. Leur puissance est de 28 kW, soit 5 300 batteries d’iPhone ou 600 batteries d’ordinateurs portables ! Actuellement, elles sont toutes fournies par Williams. À moyen terme, chaque écurie pourra produire les siennes. À noter que le châssis est également identique à toutes les monoplaces. Il est produit par une entreprise française, Spark-Technologie.


Dans les entrailles d’une Formule E. © DR

C comme classement. Les dix premiers de chaque course remportent des points au championnat (25 points pour le 1er, 18 points pour le 2e, 15 points pour le 3e). La pole position génère 3 points et 2 points récompensent l’auteur du meilleur tour de la course.

D comme déclassé. Comme dans toutes les disciplines agréées par la FIA (la Fédération internationale automobile), le règlement de la Formule E est strict. Les pilotes et les monoplaces sont pesés à l’issue de chaque manche. À Mexico, Lucas di Grassi, qui avait franchi la ligne en tête, a ainsi été déclassé car sa voiture était trop lourde de 6 kilos !

#MexicoePrix Le résumé d’une journée (très) mouvementée https://t.co/pB3R4ij9c6@RENAULTedams@FIAformulaEpic.twitter.com/uUrwTaVCd3

— AntoineGrenapin-Auto (@agrenapinauto) 13 mars 2016

E comme énergie. « L’idée, c’est d’aller le plus vite possible en consommant le moins d’énergie possible », assure Xavier Mestellan-Pinon, à la tête de DS-Performance. Pour ce faire, les écuries tentent de maximiser au mieux la consommation d’énergie sur l’aérodynamique, le refroidissement du moteur mais aussi les pneumatiques, fournis par Michelin.

F comme Fan Boost. En Formule E, le public est un acteur à part entière de la course. À chaque manche, il est invité à voter sur Internet et sur les réseaux sociaux pour son pilote préféré. Les trois pilotes qui recueillent le plus de suffrages bénéficient d’un surplus d’énergie de 40 chevaux à utiliser lors de la seconde partie de la course (après le changement de monoplace). Les votes commencent douze jours avant chaque épreuve et se terminent six minutes après le départ.

‘Fan Boost’ lets spectators give car 100kJ surge of energy. Formula E explained. https://t.co/sEg4kAJhezpic.twitter.com/nzgl0R21V0

— CNN Sport (@cnnsport) 10 janvier 2016

M comme moteur. Pour utiliser au mieux les batterie, chacune d’entre elles est reliée à un ou plusieurs moteurs. Chaque écurie choisit sa propre solution technique. Seule contrainte : elles sont limitées à 272 chevaux par voiture. De plus, les monoplaces comptent parfois un rapport fixe (comme DS-Virgin) ou plusieurs (deux rapports pour Renault e.dams par exemple).

P comme Poliss. C’est la dernière-née des voitures de course tout électrique. Présentée début avril lors du salon EVER de Monaco, la Poliss, du nom de la start-up française qui l’a conçue, sera présentée à Londres en juillet prochain, lors de la dernière manche de la saison. Avec sa batterie de 180 kW (pour sa version de base), cette 4 roues motrices intégralement en carbone peut atteindre 100 km/h en moins de 3 secondes !Elle pourrait devenir une série à part entière qui serait disputée avant les manches de Formule E.

Poliss, la 1ère #GT 100% électrique bientôt sur les circuits ! @FIAformulaEpic.twitter.com/bXCI9K2VZd

— AntoineGrenapin-Auto (@agrenapinauto) 7 avril 2016

Q comme qualifications. Le matin de chaque course, les vingt pilotes sont tirés au sort et répartis dans quatre groupes de qualifications. Les cinq meilleurs de chaque groupe se disputent la Superpole : le plus rapide sur un tour remporte la pole position et empoche trois points au championnat.

V comme Virtually Live. La Formule E n’arrête pas d’innover. Dernière illustration en date : la possibilité de suivre en direct et en réalité virtuelle la course. Proposé par une start-up américaine, Virtually Live permet de vivre la course de l’intérieur en images de synthèse grâce à des trackers placés sur les monoplaces.

Formula E Partners with Virtually Live to broadcast the FIA Formula E Championship in VR https://t.co/bn4Dgnm1fCpic.twitter.com/BFTkIGTLQv

— Endeavour Magazine (@ReadEndeavour) 29 mars 2016

R comme Roborace. L’an prochain, avant chaque course de Formule E, une discipline mettra aux prises les premières voitures sans pilote ! Des ingénieurs inséreront un algorithme dans chaque machine afin qu’elles soient les plus rapides et les plus « intelligentes » dans le peloton. Alors que Roborace est déjà décrié ou moqué par certains fans de sport automobile, son concepteur espère que des entreprises de hautes technologies rejoignent le projet en sponsorisant une écurie. Première course prévue l’an prochain à Pékin (Chine).

Tout sur la #Roborace, la première voiture de course sans pilote ! =>https://t.co/b3zGx5FveI@FIAformulaEpic.twitter.com/WegiKMsauB

— AntoineGrenapin-Auto (@agrenapinauto) 1 avril 2016

T comme transfert de technologie. Rarement une discipline n’avait permis autant d’améliorer la voiture de M. Tout-le-Monde. « Les constructeurs et les équipementiers récupèrent des milliers de données sur les performances en piste dans le but de les adapter un jour sur les véhicules électriques », ajoute Xavier Mestan-Pinon au Point.fr. Récupération d’énergie, mécanique, technologie de batterie : tout est susceptible d’être adapté à la voiture de série.

W comme WEC. Plus de la moitié des pilotes de Formule E participent dans le même temps au WEC, le championnat d’Endurance dont les 24 Heures du Mans sont le point d’orgue. « Nous n’avons aucun mal à nous adapter aux deux formes de pilotage », explique Nicolas Prost (Renault e.dams). « Cela nous fait quand même des semaines assez chargées », sourit un autre Français, Stéphane Sarrazin.

Z comme zéro. Aucune course de Formule E ne s’est déjà déroulée en France. Dans le calendrier, Paris et les Invalides remplacent le ePrix de Monaco qui s’est tenu l’an dernier sur une partie du circuit de F1.