Jérôme Deschamps censuré !

30Avr - by admin9596 - 0 - In Uncategorized

Dans la série des interdits ridicules, des grosses bêtises et plus gravement des atteintes au patrimoine qu’a provoqués la stupide loi Évin, la dernière livraison mérite un Oscar. À la demande de la R.O.F. (Réunion des opéras de France), le célèbre metteur en scène Jérôme Deschamps avait réalisé un petit film très court (voir la vidéo) pour assurer la promotion de « Tous à l’Opéra », un évènement auquel participent 25 opéras nationaux. Les 7 et 8 mai, ils ouvrent gratuitement leurs portes au public. Jérôme Deschamps, avec l’acccord de la R.O.F., avait souhaité traiter le sujet sur le ton de l’humour. On y voit effectivement un beauf machiste et ivrogne se faire ridiculiser par une chanteuse porteuse du message de bonheur.

Rien donc d’incitatif, bien au contraire, vis-à-vis de l’alcool. Mais le clip a été refusé par l’A.R.P.P. (Autorité de régulation professionnelle de la publicité), bras armé du C.S.A. (Conseil supérieur de l’audiovisuel) chargée de contrôler « le contenu et les modalités de programmation des communications commerciales diffusées par les services de communication audiovisuelle ». Sous prétexte que « le plan présentant des boissons alcoolisées (bouteilles et verres) est contraire aux dispositions de la loi du 10 janvier 91 relatives à la lutte contre l’alcoolisme », la fameuse loi Évin, et alors qu’à l’inverse, l’image tend à se moquer du buveur, l’A.R.P.P. signifie à Jérôme Deschamps de supprimer ce plan…

Cela signifie qu’aujourd’hui par exemple, le célèbre sketch de Bourvil sur « l’eau ferrugineuse », celui de « Gérard » de Coluche, ou les Deschiens (et leur « pitchette » of côtes-du-rhône) de Canal Plus, réalisé par le même Jérôme Deschamps, seraient aussi interdits. Dans la série, il faudrait aussi revoir, censurer et récrire un grand nombre d’opéras, d’opéras comiques, de pièces de théâtre où figurent bouteilles et verres. Sans compter les films. Déjà à l’époque une poignée d’intégristes avaient tenté de bloquer la sortie du « Singe en hiver » d’Henri Verneuil avec Gabin, Belmondo et Suzanne Flon car on y voyait trop de bouteilles d’apéritif, mais comme la loi Évin n’existait pas, ils avaient dû renoncer. Aujourd’hui, on peut.

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