F1 – GP de Monaco : manuel pour dépasser dans la principauté

26Mai - by admin9596 - 0 - In Uncategorized

Des supporteurs massés sur les balcons d’hôtels prestigieux ou sur des yachts, une piste qui se transforme en dancefloor géant à la tombée de la nuit : bienvenue à Monaco, le Grand Prix le plus glamour de la saison. « C’est la Mecque du sport automobile, la course qui, symboliquement, est la plus importante et la plus prestigieuse de la saison », s’enthousiaste Jacques Villeneuve, champion du monde en 1997. Pour les pilotes, l’un des casse-têtes les plus importants à Monaco est de réussir à doubler, un challenge bien plus compliqué que de réussir à se faire inviter à l’une des innombrables soirées monégasques…

« Il faut être très malin » (Montagny)

« Dépasser, c’est compliqué, mais c’est possible », explique au Point.fr Jacques Villeneuve. Même son de cloche chez Franck Montagny : « Les opportunités sont très rares et le risque est énorme. Mais c’est possible ! Il faut seulement être très malin pour y parvenir parce qu’il y a très peu d’endroits où tu as la place de doubler. » Jean-Louis Moncet, observateur avisé de la Formule 1, recense d’ailleurs ces points du circuit où le dépassement est possible : « Soit à la sortie du tunnel avant le freinage de la chicane, soit à Saint-Devote ou au virage de la gare. »

Mais il ne convient pas seulement de connaître les lieux où attaquer. « Ce qui peut rendre dingue un pilote à Monaco, c’est d’avoir une monoplace plus rapide que celui qui vous devance et être incapable de le dépasser », assure Franck Montagny. « Il faut parvenir à surprendre le pilote qui vous précède », ajoute Jacques Villeneuve. En somme, il convient de faire ce que les pilotes de F1 réussissent à merveille : attaquer sans relâche, unique façon de mettre la pression sur ses adversaires. « Ça te permet de talonner quelqu’un et de le pousser à une faute d’attention », explique Jean-Louis Moncet. « Mais à Monaco, il faut parvenir à monter à la hauteur de l’autre voiture, donc de freiner cinq mètres plus loin pour mettre ta F1 juste à côté de la sienne. » Tout est affaire de précision, encore plus à Monaco qu’ailleurs.

La solution prisée par Max Verstappen

De l’audace, Max Verstappen, vainqueur de la dernière course à Barcelone, n’en manque pas. D’ailleurs, le pilote néerlandais a expérimenté l’an dernier une technique qui marche pour dépasser à Monaco : profiter du leader. Explication de Franck Montagny : « Quand on a pris un tour de retard sur le leader, l’idéal, c’est de se mettre dans sa roue. Il bénéficie des drapeaux bleus (qui oblige chaque voiture à s’écarter à son passage) et double les retardataires. Il suffit de se bloquer derrière lui et d’en profiter. » L’an dernier, le Néerlandais, alors pilote Toro Rosso, s’était offert quatre dépassements en profitant du travail du leader sur la piste, Lewis Hamilton.

Sauf que le Néerlandais avait fini sa course contre les murs de pneus, après un dépassement osé sur Romain Grosjean (alors Lotus). « Verstappen faisait un peu des dépassements comme au karting en se décalant à la dernière seconde. En monoplace, ça ne fonctionne que rarement », assure Jacques Villeneuve.

REGARDEZ l’accident de Max Vertappen l’an dernier :

« L’erreur à Monaco, c’est de se précipiter. Le tracé est relativement court (3,34 km) mais le Grand Prix est long (78 tours) », rappelle Jean-Louis Moncet. « C’est une course qui est très éprouvante psychologiquement. Elle nécessite une concentration exacerbée à chaque instant », complète Jacques Villeneuve.

Les trois spécialistes que nous avons interrogés s’accordent à dire que les dernières techniques disponibles sur les F1, notamment le DRS (qui permet un surplus de vitesse), sont obsolètes à Monaco. « Le DRS, ça devient un gadget », assure Franck Montagny. « L’important, c’est d’être à l’aise dans sa monoplace. » Et d’assurer le spectacle, l’un des plus spectaculaires du sport automobile moderne.