La grande bidouille des meilleures ventes de disques

20Juin - by admin9596 - 0 - In Uncategorized

Comment un artiste peut-il vendre assez de disques la semaine de la sortie de son nouvel album pour entrer dans le Top 10… et se retrouver à la 113e place du classement ? Il n’y a pas qu’en radio que les études d’audience ont du plomb dans l’aile : pour les albums aussi. Pourtant, chaque semaine, le Snep (Syndicat national des éditeurs phonographiques) publie l’indicateur des ventes de CD en France (l’ex-Top 50). Des résultats disséqués tant par la profession que par les médias. Et pourtant, ils sont faux. La raison : tous les points de vente de disques ne sont pas pris en compte. Gênant quand il s’agit de publier des chiffres de référence…

Ventes déclarées contre ventes fermes

Paradoxalement, c’est un disque produit par Universal qui vient de soulever le lièvre : le nouvel album de Grégory Turpin, sorti chez Credo, le label de musique chrétienne de la major (lire son interview ici). En première semaine, les ventes sont bonnes, très bonnes même, au point qu’elles devaient permettre à Changer de vie d’intégrer directement le Top 10 des ventes. Un bel exploit, sauf qu’au lieu d’entrer en 8e position du classement, Grégory Turpin n’apparaît qu’en… 113e position des meilleures ventes. La raison : les ventes prises en compte. En effet, l’institut GFK ne collecte les données qu’auprès des sociétés de distribution appartenant au panel agréé par le Snep. Contrairement à ce que pensait Universal, ce ne sont donc pas les ventes fermes réalisées par la maison de disque qui comptent, mais les seules ventes auprès des clients finaux déclarées par les distributeurs. Et toute la différence réside dans ce « déclarées » : ainsi, sur 5 624 albums Changer de vie vendus en première semaine d’après les chiffres envoyés par Universal, seuls 344 sont comptabilisés dans le Top édité par le Snep. Comment expliquer un écart aussi énorme ? Par les canaux de vente principaux de l’album : non pas Amazon ou la Fnac, mais des circuits de distribution indépendants (les librairies La Procure, AVM Diffusion, Bayard Presse…). La même question pourrait se poser pour nombre d’artistes dont les disques sont vendus sur des circuits alternatifs ou au sortir des concerts.

En attendant, le succès de l’album de Grégory Turpin aura déjà amené l’industrie musicale à revoir ses méthodes de comptabilisation des ventes. Reste maintenant aux réseaux « alternatifs » à être prêts à faire certifier leurs ventes chaque semaine. Une bonne nouvelle, en tout cas, pour d’autres groupes ou artistes qui pourraient demain voir leur disque apparaître dans le Top 10 des ventes d’albums, et y gagner ainsi en visibilité auprès du grand public.