Automobile : Borgward peut-il renaître 50 ans après ?

28Oct - by admin9596 - 0 - In Uncategorized

Elle avait été présentée au Salon de Genève l’an dernier, la revoici comme un serpent de mer avec la promesse d’une arrivée sur la route en… 2018. La marque allemande haut de gamme Borgward, ressuscitée depuis peu après avoir disparu plus de 50 ans, a annoncé vouloir reprendre la production à Brême, dans le nord de l’Allemagne, à partir de 2018.

« Avec notre retour à Brême, nous créons une passerelle entre le passé et le futur », a déclaré dans un communiqué Ulrich Walker, patron du constructeur. Des racines indispensables pour, malgré un demi-siècle d’absence, tenter de retisser les liens de l’histoire d’une marque qui fut très appréciée, en Allemagne au moins.


Borgward BX7, une renaissance qui doit tout aux Chinois © Borgward

La construction de l’usine doit commencer en 2017 et la production démarrer l’année suivante, selon le communiqué. Le constructeur va créer dans un premier temps entre 50 et 100 emplois et prévoit une capacité annuelle initiale de 10 000 véhicules assemblés à partir de pièces importées. Cela représente un investissement « à deux chiffres en millions » d’euros, une somme bien inquiétante par sa modestie quand on connaît les montants astronomiques des investissements automobiles.

S’appuyer sur l’image


La référence au passé s’impose mais les styles, en 50 ans, ont changé © Borgward

Le groupe Borgward était l’un des constructeurs allemands les plus appréciés en Allemagne, avec Volkswagen et Opel, avant sa faillite en 1961. Son modèle le plus emblématique reste le coupé Isabella, une voiture haut de gamme bien connue des collectionneurs. Borgward s’était installé dans les années 1920 à Brême, où il a produit environ 1,2 million de véhicules de marques Borgward, Lloyd et Goliath jusqu’à sa disparition. À son apogée, il employait 23 000 personnes.

La marque a été ressuscitée en 2015 sous la houlette de Christian Borgward, petit-fils du fondateur du groupe et actuel président du conseil de surveillance de Borgward. Mais ce n’est qu’une façade car les droits de la marque sont désormais détenus par le groupe chinois Beiqi Foton.


Borgward BX7, une renaissance qui doit tout aux Chinois © Borgward

Borgward BX7, un intérieur luxueux, même pour les deux strapontins. Mais il s’agit d’un concept-car © Borgward

Obsession locale oblige, la marque entend faire son retour en Europe avec des véhicules électriques… totalement chinois pour la conception. Le premier modèle produit à Brême sera donc une version 100 % électrique du BX7, mais on peut s’attendre à une version thermique pour réaliser des volumes. Ce 4×4 citadin, présenté en première mondiale au salon de l’automobile de Francfort en 2015 et lancé commercialement en Chine en juin dernier, a enregistré 15 000 commandes.

Élaborée à Stuttgart


Borgward BX7, une renaissance qui doit tout aux Chinois © Borgward

Son appartenance au monde du SUV, son design très élégant et son habitacle luxueux dus à Roland Sternmann ne dépareraient pas chez Audi ou Volvo. La version thermique est animée par un 4 cylindres 2.0 l à injection directe d’essence et fournit 224 ch à une transmission intégrale privilégiant à 90 % les roues avant en temps ordinaire. Conçue par Bernd Kircher, chef du développement à Stuttgart, cette transmission très sophistiquée contrôle l’essieu arrière avec un actuateur électrique.

L’usine Borgward de Brême sera le premier site de production automobile créé en Allemagne depuis les nouvelles usines de BMW et Porsche à Leipzig (est) il y a plus de dix ans, selon l’agence de presse DPA. Construire en Allemagne permet de profiter du prestigieux tampon « Made in Germany » mais s’accompagne de coûts du travail très élevés par rapport à ceux en vigueur en Chine. Il restera à faire le plus difficile, constituer un réseau digne de ce nom.