La croissance anglaise sous pression

1Sep - by admin9596 - 0 - In Uncategorized

La croissance du Royaume-Uni est restée modeste au deuxième trimestre, les économistes estimant que l’étau du Brexit se resserre autour d’une activité ralentie par la consommation des ménages et l’investissement des entreprises. Le produit intérieur brut britannique a progressé de 0,3% entre avril et juin par rapport à celui du premier trimestre, selon une deuxième estimation dévoilée jeudi par l’Office des statistiques nationales (ONS).  Ce chiffre est inchangé par rapport à la première estimation fournie par l’ONS en juillet et est sans surprise pour les analystes.   L’activité économique a légèrement accéléré par rapport au coup de frein du premier trimestre (+0,2%) après une année 2016 plus qu’honorable (+1,8%) malgré le vote pour le Brexit et ses conséquences encore incertaines.  Le pays a pu compter au deuxième trimestre sur une hausse de l’investissement des entreprises (+0,7%) et de la dépense publique (+0,6%), même si leur progression ralentit un peu d’un trimestre sur l’autre.  L’activité a accéléré principalement grâce à la contribution du commerce extérieur qui a été neutre sur le trimestre, alors qu’il avait lourdement entravé la croissance au premier trimestre.  En revanche, la consommation des ménages bat toujours de l’aile, avec une hausse modeste de 0,1%, soit la plus mauvaise performance depuis fin 2014, alors qu’elle avait porté la croissance toute l’année dernière.  Ce chiffre est cohérent avec un pouvoir d’achat des Britanniques contraint par la poussée de l’inflation, même si les dernières données sur les ventes au détail témoignaient d’une certaine résistance des dépenses au début de l’été.  La chute de la livre depuis un an, reflet des risques liés au Brexit, renchérit le coût des biens importés, ce qui se répercute directement sur les prix à la consommation dans le pays.  Par secteur d’activité, le PIB britannique a bénéficié d’une relative bonne tenue des services (+0,5%) et de l’agriculture (+0,4%) tandis que la production industrielle (-0,3%) et la construction (-1,3%) ont reculé.  Au total, le Royaume-Uni est resté au deuxième trimestre le plus mauvais élève de la classe des pays riches du G7 en terme de croissance.  Les analystes ne s’attendent pas à une franche amélioration dans les mois à venir ni à un scénario catastrophe, mais plutôt à une activité qui tournera encore un peu au ralenti.  Les économistes indépendants sondés par le Trésor britannique estiment ainsi en moyenne que la croissance pourrait s’élever à 1,6% en 2017, soit un léger fléchissement par rapport à 2016, avant une année 2018 peut-être plus délicate.  « L’inflation devrait encore s’élever et la nette baisse de la confiance des consommateurs ces deux derniers mois suggère que les ménages ne vont pas continuer à puiser dans leur épargne », explique Samuel Tombs, économiste chez Pantheon Macroeconomics, au moment où les familles recourent abondamment à l’emprunt pour financer leurs dépenses.  Il pense en outre « que les risques du Brexit vont peser de plus en plus sur les investissements des entreprises alors que la date de sortie approche », en mars 2019.  La réticence à investir des entreprises a même été soulignée par le gouverneur de la Banque d’Angleterre (BoE) Mark Carney lors d’une réunion de l’institut début août.  « Les entreprises devraient rester prudentes dans leur investissement en 2018, mais beaucoup va dépendre de la manière dont les négociations sur le Brexit se déroulent », estime Howard Archer, économiste chez EY Item Club.  Les milieux d’affaires n’ont eu de cesse de demander au gouvernement une période de transition entre la sortie de l’UE et l’entrée dans une nouvelle relation avec elle, afin d’éviter tout changement brutal dans leur activité.  Londres semble avoir entendu le message puisque l’exécutif de la Première ministre Theresa May propose désormais un accord d’union douanière intérimaire d’environ deux ans.  Et le gouvernement vient de préciser ses intentions en proposant que les biens mis sur le marché avant le Brexit puissent continuer à s’échanger librement après la sortie de l’UE, alors qu’une troisième session de négociations sur le Brexit débute lundi avec Bruxelles.