les photos de Nino

7Fév - by admin9596 - 0 - In Uncategorized

Nino Migliori, né en 1926 à Bologne, raconte l’histoire d’une Italie du siècle passé. Celle qui a le goût de la ruralité et de la simplicité populaire de l’après-guerre. Une Italie désuète qui a inspiré dans les années 1950 les réalisateurs du néoréalisme Vittorio De Sica, Roberto Rossellini ou Giuseppe De Santis. Comme eux, Migliori s’intéresse aux gens. Ceux de l’Émilie-Romagne, sa province natale, mais aussi à la Gente del Sud («Les gens du Sud»). Il ne se lasse pas de photographier les femmes dans les villages, habillées de noir, observant les gestes de leurs mains. La joie des écoliers l’inspire aussi. Et ce plongeur (Il Tuffatore, 1951) capté en plein vol (ci-dessus) qui a la grâce d’un oiseau libre au-dessus de l’horizon, est d’une grande beauté. Il incarne la liberté, tant appréciée dans cette Italie exsangue, que la guerre a laminée. «La guerre était finie et je me sentais enfin libre ; je pouvais entrer en contact avec les gens, profiter de cette liberté de mouvement retrouvée», raconte Migliori, qui fait à travers ses images le récit personnel d’une terre retrouvée. Dans ce noir et blanc plein de contrastes, de soleil, de neige et de rugosité, on sent la proximité humaine, l’empathie du photographe pour les lavandières, les coiffeurs ou encore une famille autour de la table à l’heure du dîner un soir d’été. Ni naïveté ni complaisance, mais de la bienveillance naturelle émane de ces tirages au cadrage souvent serré. Le photographe Nino Migliori raconte l’histoire d’une Italie du siècle passé, clle qui a le goût de la ruralité et de la simplicité populaire de l’après-guerre. Fondazione Nino Migliori, Bologna, Italie Dans le même temps, Nino Migliori, passionné de technique, s’essaie à l’expérimentation. Il réalise des images abstraites réalisées grâce à différents procédés innovants tels que les «hydrogrammes», conçus avec les gouttes d’eau déposées entre deux plaques de verre, faisant penser aux toiles de Pollock. Au fil des années, il s’intéresse aux graffitis urbains. Dans la série I Muri («Les Murs»), il s’attache à la poésie nue d’un «Ti amo» écrit sur un mur décrépi rose fuchsia aux couleurs oxydées. Il utilise les rebuts, comme de simples papiers de bonbon froissés qu’il transforme en matière vivante. La composition picturale et la palette de couleurs terre de Sienne, lichen, rose délavé, sont proches de celles d’un peintre abstrait des années 1970. Les décennies suivantes, Migliori, toujours curieux, poursuit sa recherche expérimentale avec les Polaroid dans une série appelée Italian Sketchbook New York. Cette période représente «une partie fondamentale de son oeuvre à partir des années 1980», écrit Alessandra Mauro, auteure du catalogue. Il gratte, presse, déforme les paysages pris en instantané, faisant d’eux des petits tableaux impressionnistes. Toujours actif à 92 ans, Migliori continue de nous surprendre.