La hausse du sans-abrisme parmi les enfants et les familles en Suède

9Avr - by admin9596 - 0 - In Uncategorized

En mai 2017, le rapport de Save the Children Suède – A place to call home: Families with children in the shadow of the housing crisis – a tiré la sonnette d’alarme sur le mal-logement d’un nombre croissant de familles avec enfants en Suède. Le rapport fait état des causes et consé- quences de ce changement de profil parmi les personnes mal-logées et sans-domicile. Malgré la reconnaissance par le gouvernement suédois que chaque enfant a droit à des conditions de vie adé- quates, le nombre d’enfants vivant dans des hébergements d’urgence a augmenté de plus de 60 % au cours de ces six dernières années. Durant une semaine du mois d’avril 2017, au moins 1 480 ménages avec enfants étaient temporairement logés dans des centres d’hé- bergement pour sans-abri, des campements ou d’autres établissements inadéquats selon les normes établies par le Comité de l’ONU sur les droits économiques, sociaux et culturels (CESCR). Au total, durant ce même mois, le Conseil national de la Santé et du Bien-être estime qu’il y avait entre 10 500 et 15 000 enfants sans domicile en Suède. La majorité de ces enfants se trouvaient dans des hébergements temporaires à long terme et certains vivaient en tant que locataires avec au moins un parent. Environ 10 000 autres enfants avaient un parent qui était sans domicile, mais ne vivaient pas avec ce parent-là. De plus en plus d’enfants et de mères victimes de violences domestiques sont exclus du marché du logement après avoir passé du temps dans des refuges pour femmes ou dans des centres d’hébergement. Le sans-abrisme est également en hausse parmi les familles nouvellement arrivées, où les parents sont encore en pleine installation ou ont des emplois précaires. Il peut s’agir de familles qui ont dans un premier temps séjourné chez des proches ou des amis, ou des familles qui n’ont reçu qu’un bail de courte durée lorsqu’elles étaient logées par la municipalité. Il est également important de rappeler que les statistiques sur le sans-abrisme parmi les familles en Suède sont limitées aux familles connues des services sociaux ou des associations. De nombreuses familles sans domicile n’ont droit à aucune aide et ne sont dès lors pas toujours connues des autorités. Les familles sans domicile qui reçoivent une aide des services sociaux sont souvent placées dans différents types d’hébergement temporaire comme des hôtels, des appartements loués par les services sociaux, des auberges de jeunesse, des colocations ou des campements. Il y a également celles, connues des services sociaux, qui vivent temporairement chez des amis ou des proches. Certaines municipalités appliquent des principes de conditionnalité en matière d’hébergement ; il n’est pas inhabituel que des familles avec de jeunes enfants soient expulsées d’hébergements d’urgence, les services sociaux considérant que ces ménages ne se sont pas montrés suffisamment actifs dans leur recherche de logement. Des appels peuvent être interjetés, mais ils sont souvent rejetés par les services sociaux. Si cette situation peut faire l’objet de poursuites, le processus peut prendre des mois durant lesquels les familles concernées n’ont pas de logement. Ainsi, lorsque leur situation financière le permet, la plupart des familles louent une chambre ou un appartement sur le marché noir qui est en pleine expansion. Cela augmente le risque de devoir souvent déménager, de ne pas disposer d’adresse permanente et de ne pas pouvoir bénéficier d’allocations familiales ou d’allocations de logement. Cela renforce en outre la vulnérabilité de ces familles qui risquent de se retrouver dans des logements précaires, surpeuplés et inadéquats. Le rapport de Save The Children Sweden souligne le risque d’érosion de la confiance des enfants sans-domicile ou mal-logés dans le monde adulte et dans les institutions sociales, ce qui pourrait avoir des conséquences dramatiques sur leur avenir. Le rapport démontre que les groupes d’enfants qui présentent les risques les plus élevés de grandir dans des situations de pauvreté et d’être sans domicile sont les enfants de mères célibataires et de parents nés dans des pays qui ne font pas partie de l’UE. L’inadaptation ou l’insalubrité du logement ont un impact sur la santé physique, le bien-être et le développement des enfants : absence d’intimité, excès de stimulation et d’interaction, risque de conflits familiaux, insécurité, absence de continuité et de routine au niveau scolaire, ce qui cause de nombreux troubles physiques et mentaux, de l’anxiété, des troubles du sommeil, des problèmes de concentration et des symptômes de stress et de traumatisme.