Les logiques du recul de la participation : une démobilisation de la gauche

20Juin - by admin9596 - 0 - In Uncategorized

La mesure et la compréhension de la participation électorale font indiscutablement partie des défis les plus difficiles à relever pour les chercheurs en science politique. La raison en est simple : le non-vote est un comportement socialement peu désirable, que les électeurs tendent encore aujourd’hui à dissimuler très largement dès qu’on les interroge directement sur ce point. Dans ce cadre, les listes d’émargement établies dans chaque bureau de vote, puis agrégées aux niveaux géographiques supérieurs constituent sans doute le matériau d’enquête le plus fiable et le plus réaliste, mais elles imposent aussi de prendre certaines précautions. La plus importante est liée à la question de l’inférence écologique : pour le dire de manière très directe, il est impossible de tirer des conclusions sur des comportements individuels à partir de données recueillies à un niveau collectif. En revanche, il est possible de tester l’hypothèse selon laquelle la participation électorale aurait plus reculé dans les fiefs de gauche que dans les fiefs de droite classique ou de droite radicale entre le premier tour de la présidentielle de 2012 et le premier tour des régionales de 2015. Si tel était le cas, cela ne permettrait pas de conclure définitivement que l’électorat de gauche en 2012 s’est nécessairement plus abstenu que les autres électorats en 2015, mais donnerait un premier indice en ce sens.