L’accès à l’emploi pour les immigrés

21Sep - by admin9596 - 0 - In Uncategorized

Les conditions d’emploi pour les personnes issues de l’immigration, qu’elles soient nées en France ou hors de l’Union européenne, restent difficiles, avec des taux de chômage élevés, qui ne baissent que lentement. Des données récentes sur les ressortissants de pays tiers font apparaître une amélioration de leur taux d’emploi, qui est passé de 46,2 % à 47,8 % entre le deuxième trimestre de 2016 et le deuxième trimestre de l’année 2017, en même temps que baissait leur taux de chômage de 25,4 % à 23 %. Dans le même ordre d’idées, le taux de chômage des personnes nées en dehors de l’UE s’élevait à 18,8 % en 2016, contre 19,0 % en 2014. Néanmoins, le différentiel de taux d’emploi entre les personnes nées en France et celles nées en dehors de l’UE et est en augmentation (17,5 points de pourcentage en 2016 au lieu de 16,5 en 2015). Cela montre que les barrières structurelles à l’emploi des personnes nées en dehors de l’UE n’ont pas été levées. La situation est particulièrement préoccupante pour les femmes nées en dehors de l’UE, dont le taux d’activité est passé de 57,8 % en 2015 à 56,4 % en 2016, tandis que le taux d’activité des femmes nées en France augmentait, lui, de 75 % à 75,6 %; l’écart se creuse donc entre les deux groupes, passant de 17,2 à 19,2 points de pourcentage. Les personnes nées en France qui ont deux parents nés à l’étranger présentent des profils d’éducation légèrement moins favorables, connaissent aussi plus fréquemment le chômage et, lorsqu’elles ont un emploi, ont des salaires inférieurs à ceux des personnes dont les parents sont nés en France. Les analyses montrent qu’une partie de cet écart en matière d’emploi demeure même après prise en compte des caractéristiques individuelles (âge, niveau d’éducation, etc.) (OCDE, 2014a, b). Les raisons de cette situation défavorable peuvent être liées à l’absence de réseaux sociaux, aux lacunes du système éducatif, à la difficulté d’accéder aux programmes de haut niveau ainsi qu’à une discrimination à l’embauche. Des études fondées sur des CV identiques associés à des noms différents (l’un à consonance française classique et l’autre traditionnellement africain ou arabe) ont montré que les candidats à un emploi nés en France de parents immigrés d’Afrique du Nord et subsaharienne doivent envoyer deux fois plus de CV pour obtenir un entretien d’embauche que les demandeurs issus d’un milieu français autochtone. Une analyse récente (Meurs, 2017) a confirmé que la discrimination à l’embauche mesurée concordait avec les sentiments de discrimination rapportés.